Aerial photography does not create space but registers surfaces

23-11
– 22-12-2018

Cristina Garrido Solo Show

Aerial photography does not create space but register surfaces

FdG Projects

11, rue de Barchon / 1000 Bruxelles

23.11.2018 > 22.12.2018

Ouvert le samedi et dimanche de 14h à 18h

et sur rv 0489.550.010

@catalinalozanom. Yo vuelvo el miercoles.” Print on gaze fabric. “Aerial photography does not create space but registers surfaces”, installation, 2018.

 

Lors d’un vol Bruxelles – Madrid pour aller rencontrer Cristina Garrido (Madrid, º1986) en février 2018, j’aperçus une ombre entourée d’anneaux colorées sous l’avion, sur les nuages, une auréole arc-en-ciel. Ce que je pris pour une hallucination au départ était en fait un phénomène de physique, un jeu de lumière connu des montagnards et assez rare, désigné sous le nom de fantôme du Brocken. Je m’empressais de filmer cette apparition, et de poster la vidéo sur les réseaux sociaux dès mon arrivée à Madrid…

Partager la poésie de l’éphémère, partager le voyage, partager la beauté insondable du ciel et de sa lumière ? Le romantisme apparent de la démarche cache des failles peut-être moins reluisantes. Cristina questionne ces failles sans les juger. Elle effectue depuis plusieurs années un travail de collecte quasi archéologique des images sur internet et se pose des questions au sujet des coulisses de l’art ; foires, photographes d’art, réseaux, leitmotivs dans les œuvres – modes, dispositifs récurrents-, tote-bags, commissaires d’expositions, collectionneurs, galeristes…etc.
Tout ce petit monde – et ses contingences économiques et sociales – est continuellement mie en scène et en abyme dans les oeuvres de Cristina Garrido.

L’installation qu’elle présente chez FdG Projects à Bruxelles se compose d’images trouvées sur le net qu’elle a collectées et qui sont disponibles sur un tumblr depuis son site internet. Cristina Garrido s’est rendue compte que de nombreux commissaires d’expositions postaient sur leur compte Instagram des photos prises depuis le hublot des avions qui les emmènent d’un coin à l’autre du monde pour aller à des expositions, biennales, foires et autres. Elle fut touchée par la simplicité des sujets photographiés – le soleil, les nuages, les paysages. Bien que confrontées continuellement à des images dans les expositions – qu’elles documentent en général assez peu d’ailleurs-, ces personnes sont encore émues par les vues du ciel, comme tout un chacun prenant l’avion occasionnellement.

Cristina Garrido met en avant le fait ces photographies révèlent un désir d’être au monde, et de signaler notre présence aux autres, mais aussi de communiquer un parcours et donc d’en promouvoir la destination et l’objectif. Elle pointe également le paradoxe de la globalisation de l’art. Celui-ci se plait à dénoncer les abus sociaux, économiques et écologiques, tout en reposant sur un système qui encourage les déplacements de masse en avion, engin des plus polluants. Il y a aussi dans son travail l’idée récurrente de montrer l’ubiquité des images, qui viennent des quatre coins du monde, envahissent nos écrans et nous permettent d’’être, nous-mêmes, partout.

Enfin, le fait de s’approprier les images des curateurs pour les exposer n’est pas anodin. Elle s’approprie leur regard pour le mettre en scène et renverser la hiérarchie artistes/curateurs, décidant de la mise en espace et du médium le mieux adapté aux images en fonction du lieu qui accueille l’installation. Selon le dispositif de monstration, elle adapte les images qui changent parfois de support, – de l’impression sur vinyle collé en très grand format à l’impression sur voile diaphane-, changeant complètement l’appréhension du motif pour « coller » à un univers artistique précis (classique, pop, conceptuel, matiériste, …etc.), et ressembler à une exposition de groupe réunissant différents artistes. Elle nous plonge la tête dans un simulacre qui nous renvoie l’image d’un ballet, aérien et critique, recadrant indubitablement nos priorités et les limites de ce système.

Maud Salembier

Cette exposition émerge d’une collaboration avec Mira Sanders pour la 3e Wandering Arts Biennial, plateforme de recherche et de production mettant en avant le déplacement, la marche, les productions éphémères et les modes de monstration des pratiques nomades.

Merci à Frédéric de Goldschmidt d’accueillir cette exposition en ses murs chez FdG Projects et à Société d’électricité.

Coproduction nadine/LaSpore.

http://www.cristina-garrido.com

 

Vues de l’installation Aerial photography does not create space but registers surfaces, Bruxelles, FdG Project, 2018.

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